Wilmots, un fédérateur qui ne fait pas l’unanimité

14/06/2016
Après la mauvaise entame de son équipe (défaite 2-0 face à l'Italie), Marc Wilmots, "le taureau de Dongelberg"est plus que contesté en Belgique. Décryptage.
 
Marc Wilmots est à la tête de la sélection belge depuis juin 2012. Il en était auparavant l'adjoint depuis septembre 2009 en secondant Dick Advocaat puis Georges Leekens. Depuis l'élimination des Diables Rouges en quart de finale de la dernière Coupe du Monde face à l'Argentine (2014, au Brésil), le sélectionneur belge est sur un siège éjectable. La contre-performance à Lyon face à la Squadra Azzura l'oblige déjà à gagner ses deux prochains matchs face à l'Irlande puis contre la Suède. Deux victoires essentielles si la Belgique veut passer le premier tour de cet Euro 2016.
 
 
Un contexte politique qui divise
 
"Dans les Flandres il est très contesté. Mais s’il était Flandrien, il aurait été contesté par les Wallons. C’est sans cesse la même histoire. L’idéal serait un entraîneur étranger." admet Eddy Snelders, ancien joueur international Belge (1 sélection),aujourd’hui journaliste pour la télévision et la radio flamande VRT. « Mais l’Union b belge est un peu obligée de prendre quelqu’un de chez nous. Un Hollandais ce ne serait pas possible car il ne comprendrait pas le Wallon. Un Français serait plus ami avec les Wallons que les Flandriens. C’est une décision très difficile. » Lorsque nous évoquons la question de la réputation que possède le sélectionneur en Belgique à Thierry Luthers, journaliste pour RTBF, celui-ci répond avec conviction : « Son grand mérite, c’est d’être un fédérateur. Il a toujours été un "Belgiquien" dans l’âme. Depuis qu’il est joueur, son discours n’a pas changé. C’est toujours le discours que certains vont trouver un peu désuet, autour de la nation, du drapeau, de la représentation du peuple Belge. Il est une synthèse de notre pays car il a épousé une Flamande et qu’il a joué en Allemagne. Il parle donc couramment les trois langues du pays à savoir le français, le flamand et l’allemand ».
 
Une union avec ses joueurs, pas avec la presse
 
« Je pense qu’au sein de l’équipe belge il n’y a plus aucun problème communautaire ou de clan. De plus, les joueurs se connaissent déjà quasiment tous car plus de la moitié viennent de Premier League. Le problème communautaire est un problème qui n’existe plus en équipe nationale. » Il est clair que l’on observe un effectif uni, à l’écoute de son entraîneur, en témoignent les entraînements effectués au Haillan. L’ancien Bordelais n’hésite ainsi pas à recadrer ses joueurs quand il le faut. Thierry Luthers évoque pourtant une certaine envie de départ du sélectionneur pour certains de ses confrères: « On sent bien chez les journalistes du nord du pays qu’ils veulent la peau de Wilmots depuis le début, uniquement parce que c’est un Wallon. Il faut être clair». Et ce ne sont pas les seuls. Même certains de ses anciens coéquipiers s’y mettent. Son ancien partenaire en attaque Luc Nilis (24 matchs ensemble) désormais entraîneur des attaquants au PSV Eindhoven, critique ouvertement sa tactique selon lui trop défensive : « L’équipe nationale a encore toujours le même problème qu’à mon époque. Elle n’ose pas jouer offensivement. Les Diables jouent tellement avec le frein à main que leur jeu pue le pneu. Les joueurs courent trop en arrière au lieu de mettre la pression vers l’avant. » Pour toutes ces raisons, il ne serait donc pas si surprenant de voir Wilmots rendre son tablier ou passer la main, après l'Euro 2016.
 
Par Anthony RICARTE, au Haillan 

A lire également